La Maitresse de Trevelyan de Jennifer St Giles



Hello tout le monde, 

Le résumé :

San Francisco, 1873. Pour échapper à son destin de blanchisseuse, Ann Lovell réussit à se faire engager comme préceptrice chez Benedict Trevelyan qui a perdu son épouse dans des circonstances fort mystérieuses. Suicide ou meurtre ? Quoi qu'il en soit, elle est morte défenestrée et laisse deux petits orphelins qu'Ann aura du mal à apprivoiser. C'est pourtant leur père, le sombre maître de Trevelyan Hill, qui accapare les pensées de la jeune femme. Elle qui se juge sans grâce est à mille lieues de soupçonner qu'elle retiendrait l'attention d'un tel homme ! Mais Benedict Trevelyan n'est-il pas aussi dangereux qu'il est séduisant ? N'est-ce pas ce qu'essaie de lui dire le fantôme de la femme qui hante la tourelle dans laquelle personne n'a le droit de pénétrer ?


Voici une romance qui sort des sentiers battus. Absolument pas ce à quoi, nous adepte de la romance je dirais "classique" sommes habituées. 
Ce roman est classé dans la catégorie "Mondes Mystérieux", ce qui est somme tout assez logique, car l'atmosphère du manoir "Trevelyan", l'intrigue autour de la mort de la femme de Benedict, les différents événements que je qualifierais de parfois surnaturels rendent cette classification plus ou moins logique. Pourquoi plus ou moins? Au risque de trop en dire, quand on a lu beaucoup de policiers ou de thrillers, on garde souvent à l'esprit qu'il y a forcément une explication logique à tout cela (vous comprendrez en le lisant si vous êtes des adeptes du genre).

Dans tous les cas, le moins qu'on puisse dire c'est que c'est une réussite. Ce roman est excellent! 

Toutes les fans de Jane Eyre y décèleront très probablement une certaine ressemblance. La Préceptrice, l'homme torturé, les sentiments naissants, etc... Et ce n'est pas pour ne déplaire, bien au contraire. 

Bon allez! Je commence :)

Ann est un jeune fille (plus toute jeune selon les critères de l'époque, elle a 24 ans... Hum...) qui vient de perdre sa mère et a décidé de changer le cours de sa vie et sa triste condition de blanchisseuse. Elle propose sa candidature  (miam, re-miam, et re-re-miam On en a jamais assez dans la vie... Des miams je veux dire... Agressions visuelles en vue ;) au ténébreux Benedict Trevelyan, maitre des lieux. Une chose qui m'a bien fait rire, je dois vous l'avouer c'est le gabarit exceptionnellement effrayant du héros... Heuuuu moi j'en veux bien des héros effrayants comme lui :)

Elle fait preuve d'un culot monstre et réussit le tour de force d'être engagée sans références. La réputation de Bénédict Trevelyan est effrayante, on dit de lui qu'il aurait tué sa femme et que le fantôme de celle-ci hante les lieux. Mais loin d'être apeurée, Ann est prête à tout pour changer le cours de son existence, et par la même occasion celle des Trevelyan. 

Dans cette famille, c'est très simple tout le monde a quelque-chose à cacher hormis bien sur, les deux bambins dont elle aura la responsabilité, et dont la souffrance ne laissera pas Ann insensible. 

Constance la soeur de la défunte, dont l'accueil fait froid dans le dos, Stephen le frère de Benedict à l'âme torturée qui pour noyer son chagrin, boit comme un trou, Madame Trevelyan mère, qui cache bien des secrets et qui fait tout ce qui est en son pouvoir afin de faire renvoyer Ann, Katherine, la soeur de Benedict dont la douceur cache une profonde détresse. Ils joueront tous un rôle prépondérant dans le déroulement de l'intrigue et ne feront pas que de la figuration.

Anna va devoir se dépêtrer avec tout ça et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle va avoir du boulot! Elle va devoir faire face à une famille en décomposition; et totalement meurtrie par la mort de Francesca.

Ann, malgré elle, va commencer à nourrir de tendres sentiments à l'égards de son patron, ce qui va la pousser à tenter de découvrir la vérité sur la mort de Francesca au risque de mettre sa vie en péril. 

Dans cette romance, tout ne va pas trop vite, bien au contraire, l'auteure met un point d'honneur à développer les sentiments de manière graduelle. Ce qui donne une légitimité et une cohérence à l'histoire d'amour entre Ann et Bénédict. 

L'intrigue est très bien menée et ficelée d'une main de maitre. On suit les pérégrinations d'Ann sans jamais s'ennuyer. 

La personnalité de l'héroïne est sans nul doute le point fort de ce roman. Elle est d'une intelligence et d'une lucidité qui frôle parfois la perfection. Je ne vous cache pas que d'habitude ce genre de 'bas-bleu" me gonfle un peu (la nana trop parfaite, trop intelligente, bla bla bla....). Encore une fois, l'auteure a bien mené sa barque. L'héroïne est à la fois attachante, généreuse, intelligente, etc... Et on l'aime pour ça! :)

L'auteur a fait le choix de la narration à la première personne. Parfois certains auteurs (et là je pense à Diane Lacombe qui avait également fait ce choix) alternent les point de vues tout en gardant une narration à la première personne. Ici vous n'aurez que le point de vue d'Ann, nous ne saurons rien de ce qui se passe dans l'esprit de Benedict ou des autres protagonistes. Hormis parfois les expressions de visages qui nous permettent de comprendre les souffrances des uns et des autres. Alors je vous rassure, c'est tellement bien fait que ce n'est absolument pas gênant. 

Vous l'aurez compris, j'ai vraiment apprécié ma lecture et je ne peux que vous le conseiller. J'ai passé un excellent moment et j'ai eu beaucoup de mal à lâcher ma lecture pour aller vaquer à mes occupations de mère indigne... (genre faire la bouffe, les devoirs, les emmener à leur activités de ministres ;) 

Bonne lecture, 

Sanasan